David Reinhardt, soul manouche

Essayez d’écrire sur un Reinhardt sans évoquer « qui vous savez » est une gageure. Surtout quand celui-ci n’a pas uniquement le poids d’un grand-père à porter, mais aussi celui du père… La musique de David Reinhardt, à cet égard, nous facilite la tâche. Elle n’a en effet pas grand-chose à voir avec celle de ses illustres aînés. De moins en moins, devrait-on dire.
Si, en effet, jusqu’à il y a encore deux ans, le guitariste peinait quelque peu à se faire remarquer au milieu de ses pairs, la nouvelle formule de son trio, avec Florent Gac à l’orgue Hammond et Yoann Sera à la batterie, est une tout autre affaire. Électrique, éclectique, dynamique et aérée, la musique que l’on entend sur le tout nouveau Colombe fait l’effet d’une bombe. Imaginez un disque Blue Note millésimé 60’s avec le feel manouche… Christian Escoudé ne s’y est pas trompé, qui a inclus David dans sa formation. Dans le jazz manouche, comme dans le flamenco, les passe-droits n’existent pas. On est au niveau ou on ne l’est pas.
David Reinhardt, en poursuivant sa route en solitaire, a gagné l’estime de ses pairs. Et la nôtre : Colombe trace une voie originale, en empruntant aussi bien au groove de Jimmy Smith qu’à la soul spirituelle de Stevie Wonder. David Reinhardt prend enfin son envol. Play loud !
David Reinhardt Trio, Colombe (Cristal Prod)
En concert
9/11-10/11 : Paris, Duc des Lombards


